Taviralentours et retour

D’aucuns nous ont fait remarquer que les publications se faisaient désirer.

Alors, comment dire ?

D’une part on fait comme on veut d’abord (non, mais), mais d’autre part il faut bien reconnaître que, depuis qu’on s’est posé à Tavira, notre principale préoccupation c’est de nous trouver une excuse pour prolonger notre séjour.

Ça fait déjà 14 nuits qu’on y passe et on est en train de se dire : pourquoi pas 4 de plus ? (Il faut dire qu’ils sont malins : si on prend 3 nuits, ils offrent la quatrième, du coup on n’envisage pas moins).

Alors qu’est-ce qu’il y a de si bien à Tavira pour qu’on ait envie d’y rester ? Pas grand-chose à part peut-être qu’il faisait 19° pendant que la météo annonçait de la neige en France …

Alors on profite pour aller se balader avec nos vélos et on voit des choses sympas, on mange des plats sympas, on voit des oiseaux sympas, on discute avec des gens sympas, on est sympas nous aussi, on se la coule douce quoi.

On a même repéré une maison sympa pour y passer la retraite (mais quand on sera vieux).

Du potentiel comme disent les agents immobiliers.

En plus il y a assez de place pour des chambres d’amis… voyageurs… ou pas !

En attendant ces jours heureux, on est allés à la force de nos mollets (et du moteur électrique judicieusement placé dans la roue arrière) jusqu’au charmant village de Santa Luzia.

Là nous avons changé de moyen de locomotion et nous avons pris le train qui nous a emmené sur l’île de Tavira (Ilha de Tavira pour les lecteurs lusitanophones).

Ce train, avant de devenir une attraction touristique, servait principalement pour ramener le poisson de la plage vers le continent.

Le train qui nous emmène sur l’île de Tavira.

Une fois sur l’île on a accès à l’océan, ce qui n’est pas le cas autrement car les villes donnent sur la lagune. Pour comprendre la topologie des lieux vous pouvez regarder la carte sur le côté dans la rubrique “où sommes-nous ?” (à ce sujet merci à Bastien pour son support technique sans faille, qui nous a permis de quitter Google Map pour Openstreetmap, projet collaboratif de cartographie en ligne).

Comme on peut voir, on a la place pour faire des pâtés de sable sans être ennuyés par les gamins des voisins.

Mais ce qui justifie le voyage jusque-là, c’est de faire un tour au Cemitério das Âncoras sur la Praia do Barril (le cimetière des ancres sur la plage de Barril pour les non lusitanophones).

Village de Praia do Barril.

Il faut savoir que cette plage fut jadis l’endroit où une petite communauté de pêcheurs au thon était installée. Les méthodes traditionnelles de pêche au thon consistaient à créer des labyrinthes de filets de pêche afin de prendre les thons rouges au piège.

Ces structures d’une grande complexité nécessitaient l’utilisation de centaines d’ancres afin que les filets puissent rester immobiles et résister à la puissance des thons et de l’océan Atlantique.

Ce sont ces mêmes ancres qui ont été disposées de la sorte dans les années 60, lorsque ce modèle économique commençait à ne plus être viable, servant à symboliser l’abandon de ce style de vie et la disparition progressive du thon dans ces eaux.

Ne nous laissant pas abattre par cette émouvante page d’histoire, et comme il était l’heure du déjeuner, nous sommes partis en quête d’un petit resto pour nous sustenter.

Un plat de calamars grillés et une brandade de morue nous permettent de rester dans les spécialités culinaires portugaises (le poisson, c’est bon pour la santé, ça renforce la mémoire et en plus on adore ça).

Santa Luzia s’est fait une spécialité de la pêche au poulpe, au crabe et au homard. On s’en rend compte sur le port avec les cabanes des pêcheurs qui servent d’atelier de réparation des casiers.

Pour pêcher le poulpe, il existe deux façons de faire: l’alcatruz (un pot à l’origine en argile et maintenant en plastique) et le covo (un type de casier).

La pêche au pot, est plus ingénieuse que le casier puisqu’il n’y a pas d’appât, le pot étant vu comme un abri par le poulpe qui vient s’y reposer. Quand le pêcheur remonte le pot, le poulpe prend peur et se ventouse sur les parois (c’est bien compréhensible, imaginez qu’une corde lève votre maison, vous allez vous aussi vous cramponner aux murs !).

Départ de Pêche.

Un peu de publicité ne nuisant pas à la bonne marche des affaires, certains s’y lance avec plus ou moins de moyens et d’humour (souvent deux choix stratégiques différents d’ailleurs).

Publicité chère.

Publicité pas chère (mais polyglotte).

Tant qu’on y est un petit mot sur les débords de toit qui sont un trait caractéristique architectural de l’Algarve.

Il s’agit d’une élégante bande décorative, ornée de formes géométriques et colorées, qui surplombe les façades et cache la toiture ou le toit-terrasse.

Elle contraste avec le blanc de la chaux et rappelle harmonieusement les couleurs appliquées sur les bordures des portes et des fenêtres.

Un autre petit pied-à-terre possible ?
Avec vue sur la lagune…

Le lendemain, n’écoutant que notre courage, nous nous lançons dans une chevauchée cyclopédique de pas moins de 27 kms ! (c’est l’effet du poisson sur la santé) qui nous permet de rallier le charmant village de Cacela Velha.

Cacela Velha.

Le village étant situé au sommet d’une colline, on y a une vue magnifique sur la lagune de la Ria Formosa.

Comme c’était marée basse, les bateaux et les bouées étaient au repos, couchés sur le sable (avec le soleil pour témoin…).

Cacela Velha est aussi le site de la Fortaleza de Cacela, construit au 18ème siècle afin de protéger les côtes des éventuelles attaques de pirates.

Le fort n’est pas ouvert au public puisqu’il est désormais utilisé comme locaux de la Garde nationale républicaine.

Fortaleza de Cacela.

Sinon, le village est vraiment tout petit. La preuve il n’y a qu’une seule église, (Notre-Dame de l’Assomption) construite au 16ème siècle, qui possède une belle arcade, datant de la Renaissance, avec les bustes des deux Saints Pierre et Paul.

Quelques maisons avec une dominante bleue qui rappelle un peu la Grèce (tiens, ça fait longtemps qu’on n’y est pas allé d’ailleurs…).

Là aussi, on a agrandit notre collection de cheminée (je sais, toujours, attention devant).

Sur un mur, un amoureux a laissé une trace de ses regrets, sans doute éternels…

L’amour, toujours.

La route du retour nous a fait passer par le village de Cabanas que nous avions déjà visité sans voir le “Forte de São Joã da Barra” qui est transformé en hôtel.

De retour à Tavira, la vue de la ville est peut-être un début d’explication au manque d’envie d’en repartir.

Vue d’ensemble de Tavira.
Tavira, la place centrale.

On passe devant le Convento das Bernardas, ancien couvent cistercien pour femmes, datant du XVIe siècle, qui avait été transformé en usine de meunerie (d’où la présence de la grande cheminée) et qui a été restauré en 2010 selon un projet de l’architecte Eduardo Souto Moura.

Convento das Bernardas.

Bâti pour commémorer la victoire militaire d’Assilah, au Maroc, cet édifice est le plus grand couvent de l’Algarve et a été, pendant plus de 300 ans, le principal centre religieux de la région.

C’est aujourd’hui un ensemble hôtelier.

Porte d’entrée du Convento das Bernardas.

Et puis de l’autre côté du champ de marguerites qui se trouve juste devant le nez de notre camionnette-à-tout-faire, on va faire un tour le long des marais salants par le chemin cyclable qui mène à la lagune Rio Formosa.

Si on va là-bas, c’est pour voir les oiseaux qui y vivent (c’est notre truc les oiseaux, on ne se rappelle plus si on vous l’avait déjà dit ?).

Dans le champ de marguerites on voit d’abord deux hérons garde-bœufs (ou pique-bœufs). Un tout blanc (c’est son plumage d’hiver) et un avec des plumes orangées sur la tête, le dos et la poitrine (c’est son plumage nuptial).

Plus loin nous voyons une échasse blanche et un bécasseau noir.

Et encore une fois, nous voyons des flamants roses.

Le lendemain nous partons à Fuseta, joli petit port de pêche situé non loin. Sur le bord de l’eau nous avons vu une aigrette garzette et un petit gravelot.

Fuseta dispose d’une très belle plage qui en fait un lieu très prisé des touristes pendant la belle saison.

C’est aussi un port de pêche. Là aussi on pêche le poulpe ainsi que le crabe et le homard.

Cette petite ville tranquille (nous sommes hors-saison) est charmante. La station de sauvetage était hors d’eau à cause de la marée basse, et la statue du “Pescador de Bacalhau” (pêcheur de morue) avait les pieds bien au sec sur son rond-point.

Deux girouettes pour finir et une dernière photo avant de rentrer au campement !

Bateau, sur l’eau …

Et comme on aime bien vous faire partager nos étonnements, on vous montre quelques véhicules qui raviront sûrement nos lecteurs amoureux de gros moteurs.

Tout ce petit monde avec ces véhicules surprenants (surtout par les temps qui courent, quand on pense à la consommation), certains visiblement conçus pour de grandes étendues sans route, se retrouve gentiment stationnés à côté de notre camionnette-à-tout-faire.

Sont pas près de passer à l’électrique tous ces aventuriers !

En attendant, nous demain on attaque la route du retour, “vaille que vaille” comme dirait l’âme de la team Topette !

Allez, Topette !

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Ta-Ta-Ta, Ta-Tavira…

De bon matin, à l’heure ou l’aube blanchit la campagne (version littéraire) …

Ou alors, vers 10h30-11h00 nous démarrons la camionnette-à-tout-faire (version feignasse) …

Rayez la mention inutile ! Toujours est-il que nous quittons le très agréable camping de Porto Covo (sûrement le meilleur qu’on ait vu au Portugal) et mettons cap plein sud, visiblement dans la zone de reproduction des cigognes.

Forcément au bout d’un moment on bute sur la mer et nous voilà arrivés à Lagos, une ville de l’Algarve connue pour sa vieille ville fortifiée, ses falaises et ses plages sur l’océan Atlantique.

L’église Santa Maria (fin du 15e siècle) fait face, sur la place centrale, à l’ancien marché des esclaves.

Ce bâtiment est un musée dédié à la mémoire des esclaves. Il est situé sur la place où eut lieu le premier marché aux esclaves d’Europe, le Mercado de Escravos, où étaient vendus les esclaves en provenance d’Afrique dès 1444.

Ancien marché des esclaves.

Sur cette même place, on peut voir une belle porte et des armoiries, mais on n’en sait pas plus !

Par contre à l’ombre des bougainvilliers on peut admirer ces deux magnifiques escargots qu’on doit à l’artiste belge Roa, dont on avait déjà vu une œuvre à Fremantle (Australie) ici.

Street art.

Au hasard de nos déambulations dans la ville, nous admirons des maisons aux belles façades couvertes d’azulejos. On ne s’en lasse pas…

En levant encore la tête plus haut (oui je sais, attention devant !) on peut admirer des détails de bord de toit et des cheminées construites en fonction de la richesse de la famille. Le maître d’œuvre demandait le nombre de jours souhaité pour la réalisation de la cheminée ce qui déterminait son prix.

Quelques autres exemples d’architecture portugaise, souvent colorée.

Pour changer, un peu de botanique (même si là-dessus on n’est pas trop fortiche).

Et puis tiens, des oiseaux (là, c’est plus notre truc).

deux pies bleues.
Une mouette tachetée en vol.

Une des attractions de Lagos est le cap de la Ponta da Piedade et ses falaises, composées de protrusions rocheuses, de voutes fragiles et de cavernes secrètes qui se font éroder par les puissantes houles hivernales (copyright office du tourisme de Lagos).

On a juste fait une petite balade sur le sentier en haut des falaises, mais pas plus car le vent soufflait fort et on avait peur de s’envoler (oui je sais, c’est peu vraisemblable, quoi que…)

Continuant sur notre lancée, nous quittons Lagos pour Faro, point d’arrivée de nombreux touristes en Algavre grâce à la présence d’un aéroport international.

Une Arche, l’Arco da Vila , de style néoclassique, mène à la vieille ville et à ses ruelles pavées.

Arco da Vila, Faro.

La Cathédrale de Faro, érigée au 13e siècle, se situe en face du musée municipal qui occupe un couvent du 16e siècle.

On flâne dans la vieille ville qui est agréable en cette saison où les orangers sont couverts de fruits et les touristes pas encore très présents.

Et puis au détour d’une ruelle on tombe sur une œuvre de Daniel Eime un artiste portugais qui vit et travaille à Porto. Il s’agit d’un portrait de Zeca Afonso, un compositeur de musique militante portugais qui a écrit, entre autres, des chansons critiquant le régime salazariste qu’a connu le Portugal entre 1933 et 1974.

Un dernier regard à la ville de Faro et à ses cigognes bien installées en haut des clochers (elles doivent être sourdes à force d’entendre les cloches sonner) avant d’aller voir la lagune.

La lagune est intéressante car on peut y voir différents oiseaux. Et comme vous commencez à le savoir les oiseaux, c’est notre truc !

Un courlis cendré.

En période nuptiale, l’aigrette garzette porte sur la nuque deux longues plumes fines de 20 cm environ appelées les aigrettes.

Bécasseaux.
Avocettes élégantes.

Foulque macroule.

Et pour finir, des flamants roses. On avait failli aller les voir quand on avait passé un mois à Avignon, en novembre, mais finalement ce sont eux qui sont venu nous voir à Faro.

Une bien belle journée qui a ravi les deux ornithologues amateurs que nous sommes. Voyez nos mines réjouies sur nos vélos au retour de cette visite.

Deux drôles d’oiseaux.

Il est temps pour nous de partir vers notre dernière étape portugaise : Tavira, surnommée la ville aux trente-sept églises. Là, c’est sûr qu’on ne va pas toutes les visiter !

L’ancien monastère de l’église Saint-Paul-Hermès (Igreja do Antigo Convento dos Ermitas de São Paulo).

Tavira est traversée par la rivière Gilão, qui se jette dans la mer en passant par les lagons du parc naturel de la Ria Formosa.

La rivière Gilão.

Le “pont romain”, long de 87 mètres et reposant sur 7 arcs, enjambe la rivière. Il est dit que ce pont a été construit par les Romains, comme partie intégrante de la voie qui reliait Faro à Mértola, mais son existence n’est documentée que depuis le Moyen Âge et il a été reconstruit à plusieurs reprises, en 1655 et 1657. 

Pont Romain Tavira.

Tavira.

Au centre, les ruines du château médiéval de Tavira offrent une vue sur la ville.

Après une rude grimpette, on peut profiter de la vue et du beau jardin situé à l’intérieur, avec notamment un superbe bougainvillier.

Tavira vue du château.

Quand on dit qu’il y a 37 églises à Tavira, je ne sais pas si c’est vrai, mais en tout cas les 26000 habitants ont vraiment l’embarras du choix pour choisir leur clocher.

Les balades dans les rues de Tavira sont l’occasion de relever les restes d’une architecture médiévale, mais aussi d’être sous le charme d’une ville tranquille et colorée.

On a relevé pour vous quelques belles façades, le vieux marché et le tag minimaliste d’un gentil rêveur.

Malgré un temps ce jour-là un peu chargé, n’écoutant que notre courage nous sautons sur nos fidèles destriers afin de nous rendre à travers les marais salants au bord de la lagune pour voir un vieux fort, qui ma foi avait connu des jours meilleurs (du moins on l’espère).

Comme on était chauds, sur notre lancée nous avons poussé jusqu’au village de Cabanas, histoire de voir à quoi il ressemble.

Sans surprise on y a trouvé une église, mais aussi en levant le nez (je sais, encore attention devant) nous avons noté quelques cheminées sympas.

Le vélo c’est cool mais ça fatigue et ça ouvre l’appétit ! Heureusement nous avions en réserve un “Folar de Olão” pour le goûter, haute teneur calorique garantie…

Folar de Olão.

L’âme de la team Topette !

Elle n’est pas belle notre vie en ce moment ?

Allez, Topette !

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Les Allumettes Portugaises

Après six nuits passées au camping de Vagueira, on se dit qu’il est temps pour nous de reprendre la route, afin de voir si plus loin ça ne serait pas aussi bien, voire mieux même !

Notre fidèle GPS nous optimise donc la route jusqu’à Coimbra, ancienne capitale du Portugal, qui abrite une vieille ville médiévale bien conservée et une université historique bâtie sur le site d’un ancien palais.

Vieille Cathédrale de Coimbra.

Nous nous installons donc au camping municipal devant la porte duquel s’arrête le bus 38, qui nous emmène au centre-ville une fois par heure.

Le truc, c’est que visiblement le respect des horaires n’est pas plus la qualité première des chauffeurs de bus que leur souplesse de conduite. Du coup, avec l’attente pour l’aller, le temps de transport aller, l’attente pour le retour et le temps de transport dudit retour, ça nous plie facile deux bonnes heures cette affaire-là.

Comme un bonheur ça vole toujours en escadrille, le temps est maussade, il y a des travaux un peu partout, y compris dans l’université, et nulle part il n’était fait mention du dénivelé important pour parcourir la ville.

Du coup, on est rentré claqués en n’ayant pas eu le temps de visiter la célèbre “Biblioteca Joanina”, qui est la bibliothèque de l’université (de style baroque), et bien décidé à ne faire une autre tentative que dans quelques années.

L’étape suivante nous voit arriver à Tomar, fondée en 1160 comme quartier général des Templiers au Portugal.

Le château de Tomar est un des monuments les plus significatifs des Templiers en Europe et contient en son sein le couvent de l’ordre du Christ dont la chapelle, inspirée du saint sépulcre de Jérusalem, fut édifiée dans la deuxième moitié du XIIe siècle par les chevaliers du Temple.

L’ensemble du château et du couvent est classé au Patrimoine Mondial par l’Unesco.

La rotonde des Templiers.

Plafond de la rotonde des Templiers.

Echaudés par notre visite de Coimbra, nous avons judicieusement changé de tactique pour la visite de Tomar (pas folle la team Topette !). Nous avons commencé par la visite de l’ensemble château-couvent (qui se situe comme tout bon château Templier en hauteur) avec stationnement de la camionnette-à-tout-faire juste devant l’entrée, avant de rejoindre l’aire (située, elle, au niveau de la rivière) pour la nuit et de visiter la ville basse le lendemain.

Et bien on va vous dire ça change tout… et on a préféré Tomar à Coimbra ! Comme quoi l’intendance c’est important.

Bon il faut dire aussi qu’à Tomar en plus d’avoir abrité les Templiers, ils ont aussi vu naître le philuméniste Aquiles da Mota Lima (1889-1980).

Quésako ? Nous direz-vous (signe que vous nous avez lu jusque-là). Allez, on ne vous fait pas languir plus longtemps : un philuméniste est un collectionneur de boîtes d’allumettes !

Et ce bon Aquiles da Mota Lima, il n’a pas fait semblant ! Il a réuni pendant une trentaine d’années plus de 60 000 boîtes d’allumettes provenant d’environ 127 pays, tout ça parce qu’il avait échangé une première boîte lors du couronnement de la Reine Elizabeth II en 1953.

Alors c’est sûr, la foule ne se presse pas à l’entrée du musée qui abrite cette collection… originale ? remarquable ? surréaliste ? mais on a bien aimé déambuler dans ces sept salles dont certaines pièces nous replongent dans notre propre passé.

On en ressort finalement admiratif de la patience et de l’obstination misent à rassembler ces objets à vocation initialement éphémère, ainsi que de l’ingéniosité qui a dû être nécessaire, en cette époque ou internet n’existait pas, pour mener à bien une telle œuvre.

Pour ceux qui se posent la question, les boîtes sont pleines (on a demandé figurez-vous).

En face du musée des allumettes, une poterie artisanale nous a fait de l’œil. On est entré voir et dans ce sympathique foutoir, un plat nous a tenté. Pourvu qu’il résiste à la fin du voyage sans s’éparpiller…

Autre curiosité à Tomar, la « roda do mouchão ». C’est une grande roue hydraulique en bois qui a des paires de seaux en argile, chacun avec une capacité de cinq litres. Ça ne sert plus à rien mais c’est plaisant à voir sur le bord de la rivière et ça ne dérange pas les oiseaux d’eau.

On a un peu flâné dans les rues et vu l’heure, et comme on ne vous cache pas grand-chose, on vous invite au goûter.

Tomar.

Le bon goûter. Miam…

Au retour à la camionnette-à-tout-faire, on a vu que pendant ce temps-là elle s’était fait un nouveau copain.

Lance-moi l’échelle, je veux monter me coucher !

On a vite repris la route avant qu’ils nous fassent des petits et on a marqué un premier arrêt à Batalha, réputée pour son monastère, dont le nom officiel est Convento de Santa Maria da Vitória, et qui a été construit de 1385 à 1388. Il est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Bon, comme il pleuvait on s’est contenté de jeter un œil à la cathédrale d’une hauteur sous nef impressionnante, mais on n’a pas visité le reste (il faut dire que tous ces édifices religieux à la longue, si on n’est pas à fond dans le truc c’est un poil répétitif).

Alors on a continué jusqu’à Nazaré, qui doit son nom à une statue de la Sainte Vierge qu’un moine aurait apporté de Nazareth, en Palestine, au 4ème siècle.

Aujourd’hui Nazaré est un spot de surf de réputation mondiale, où le surfeur hawaïen Garrett McNamara a surfé la plus grande vague au monde en 2011, entrant dans le Livre Guinness des Records.

Pas assez de vagues pour surfer aujourd’hui. Dommage…

La hauteur des vagues qui peuvent atteindre jusqu’à 30mètres, s’explique par le canyon sous-marin de 5 kilomètres de profondeur qui remonte du fond de l’océan sur 210 kilomètres avant de se refermer à quelques encablures de la côte.

Comme pour le surf on trouve que l’eau est beaucoup trop mouillée, on a préféré faire un tour de marché pour prendre contact avec les spécialités locales. On a rapporté une « Torta de Laranja » de 1, 3 kg, une pure merveille ! (C’est à l’orange, ça rentre dans les cinq fruits et légumes quotidiens je vous ferais dire).

Le lendemain il faisait beau, et nous sommes allé voir le fort de São Miguel et son phare, situé au bout du promontoire sur lequel se trouve Sítio, l’ancien village que les pêcheurs locaux habitaient. Au début du chemin on tombe sur une immense statue d’un homme avec une tête de cerf une planche de surf à la main qui évoque le passé (le miracle de Nazaré) et le présent (le surf).

Dans le village Sítio on peut voir l’Église du 17ème siècle de Nossa Senhora da Nazaré en face de la Capela da Memória, une chapelle du 12ème siècle construite pour commémorer le miracle de Nazaré (en 1182, tandis qu’il poursuivait un cerf un noble fut sauvé par Notre-Dame qui arrêta son cheval juste à temps avant qu’il ne tombe d’une falaise enveloppée de brume).

A côté de la chapelle se trouve un pilier avec une inscription commémorant la visite de Vasco da Gama rendant grâce à Notre-Dame de Nazaré pour son retour de son voyage en Inde.

L’église de Nossa Senhora da Nazaré.

Rentrant dans les terres, nous faisons un arrêt à Obidos surnommée la « maison des reines ». C’est parce qu’Isabelle d’Aragon, reine du Portugal, en passant dans la ville s’émerveilla de sa beauté que son mari, le roi Denis 1er, lui en fit cadeau. Et pendant des siècles, les rois du Portugal suivirent son exemple, offrant cette jolie petite ville à leurs reines en cadeau de mariage.

Ce qu’on voit en premier en arrivant c’est un bel aqueduc du 16e siècle qui transportait autrefois l’eau depuis les montagnes d’Usseira jusqu’à Obidos. Il est long de 3 km et il y aurait environ 3 km enfouis en plus de la partie visible.

Aqueduc d’Obidos.

L’entrée de cette ville fortifiée se fait par la porte « Porta da Vila », dans laquelle se trouve l’oratoire de Notre Dame de la piété qui a été construit au 17ème siècle et décoré d’azulejos au 18ème siècle.

Oratoire de Notre Dame de la piété, Porta da vila.

On remonte tranquillement la rue principale bordée de maisons et d’échoppes blanches avec des arêtes peintes en bleu ou en jaune.

Ça nous emmène au pied du château du 13ème siècle de style manuélin dont les remparts entourent la ville. On peut tout à fait marcher sur les remparts (aucun garde-corps, on est directement dans le vide) et faire de ces egoportraits (jolie expression canadienne) qui ravissent les bimbos en manque de followers sur Instagram (avec un peu de chance, ça peut finir en story médicale).

Plusieurs églises bien sûr dans cette ville, on a apprécié les azulejos de l’église Santa Maria et la librairie Santiago installée dans une magnifique église restaurée du 12ème siècle qui surplombe la ville fortifiée.

La librairie Santiago.

Un rapide arrêt à Peniche, considérée comme la ville la plus à l’ouest du continent européen, ne nous laissera pas un souvenir impérissable. En effet son principal attrait est la proximité avec les îles Berlengas mais hors saison il n’est pas possible d’y faire une excursion.

De plus le musée « da Renda de Bilros » (dentelle aux fuseaux) était fermé. En effet Peniche était réputée pour cet art développé par les femmes de la ville qui servait de complément aux revenus retirés de la pêche. A son apogée, dans la seconde moitié du 19ème siècle, plus de 1000 rendilheiras (dentellières) travaillaient dans huit ateliers.

Passant au large de Lisbonne, que nous connaissons déjà, nous mettons cap plein sud et faisons une pause à Porto Covo (et non pas Pontault-Combault), où tout comme en France nous sommes sous le nuage de sable Saharien.

On ne va pas se plaindre, ça colore les photos sans avoir besoin de les retoucher (ça tombe bien on ne sait pas le faire et en plus on a trop la flemme pour essayer).

Tiens à propos, on a des nouveaux voisins de camping anglais avec un équipement rigolo, fait par eux-mêmes (y compris le véhicule), la classe !

Et pendant qu’on y pense, bonne fête mon Bill !!!

Allez, Topette !

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